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samedi, septembre 24, 2022

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Axe Labé- Mamou-Conakry : C’est l’enfer sur terre du château d’eau de l’Afrique de l’Ouest !

Armez-vous de courage et d’abnégation pour emprunter, par ces temps qui courent, l’axe Labé- Mamou-Conakry.  La semaine dernière, nous avons fait ce périple et le spectacle est désolant. Voyons !

Départ à 8heures de Labé, sous un froid glacial. Mais, aussitôt, la rigueur de cette fraicheur est remplacée par le calvaire des barrages érigés par des policiers et des gendarmes ( certains parmi eux sont corrects) pour vider les poches des passagers. Mais, de Mamou à Conakry, à ces barrages se greffent les rigueurs d’une piste incroyablement pénible avec son cortège de poussière et de nids de poules

L’état de la route fatigue les usagers et les agents de la police et de la gendarmerie profitent de cette misère pour se faire plein les poches. Ils arnaquent tout ce qui leur tombe dans leurs filets tendus. Notons qu’il y a moins de trafic la nuit sur cet axe pour des raisons de sécurité (accidents et coupeurs de route en action).

Entre Labé et Pita, il reste encore l’ancien fameux goudron. À Hafia (nguériabhè) se trouve le premier barrage à arnaque. Il faut noter que la brigade mobile qui contrôle, carte grise, assurance et surcharge est généralement très respectueuse et moins mendiante face aux détenteurs des papiers en règle.

Entre Pita et Dalaba. A part la fraicheur, la dégradation de la route est de moindre facture, n’étant pas concernée par l’autoroute du troisième mandat Coyah Dabola. Il y a seulement deux barrages jusqu’à Mamou.

À la rentrée de Mamou, on fait semblant de faire respecter les gestes barrières contre la covid19. Mais, si vous donnez cinq mille francs guinéens, l’officier donne l’ordre: Portez bavette et passez. Dans notre véhicule, on portait tous des bavettes, mais simplement contre la poussière. Si on n’y prend garde, dans les années à venir beaucoup de Guinéens qui pratiquent cette route auront malheureusement, des maladies cardiovasculaires et des affections respiratoires.

À partir de Mamou, c’est un autre épisode de galère. C’est quoi le goudron? On n’en sait plus. Tant pis pour le citoyen lambda qui n’a pas de climatiseurs dans sa voiture. Pour commencer, un barrage de la police à la sortie de la ville. Vignette? Nous lancent-ils? Tenez répond le chauffeur ! « Ce n’est pas ce que nous mangeons réplique un agent. On n’a même pas déjeuné. Donnez le lever du barrage, c’est bon » dit-il.

Le chauffeur tend cinq mille fg et on passe. Un peu devant, c’est la gendarmerie. Un peu devant, un autre barrage. C’est un rideau de poussière que le véhicule déchire pour rouler, au point qu’il faut allumer les phares et les feux de détresses. Tous les cinq kilomètres, il y a un barrage. «  Pourquoi ? » Demande un passager au chauffeur. « C’est la galère, on va tous payer le troisième mandat » répond-il.

À quelques mètres d’un autre barrage, on atterrit dans un grand trou poussiéreux, double crevaison. On ne peut plus dormir, sans risque de se donner des coups de têtes. Les gendarmes foncent vers nous, pas pour nous aider, mais pour contrôler. Les très furieux passagers rétorquent: « Attendez nous au poste de contrôle, vous avez vu qu’on a un souci d’abord ».

Le gendarme : « Tu n’as pas d’ordre à nous donner, c’est pour vous aider, comme ça après le dépannage vous n’allez plus retarder ».

Le chauffeur : « Ah, je vois. Tenez cinq mille pour vous ». Le gendarme : « non ici, c’est dix mille. Nous, nous sommes de la présidence hein » et il s’adresse aux passagers : « carte d’identité svp? Celui qui n’a pas paie dix mille » martèle-t-il.

Mais pourquoi autant de postes de contrôle ? Nous sommes en état d’alerte rouge. Mais, si tu as de l’argent, même si tu représentes un danger, ce n’est pas leur affaire. C’est la même chose jusqu’à Coyah. Là, le ridicule ne tue pas. À la rentrée de l’autoroute, des policiers nous demandent une autorisation médicale ?

Très étonné, le chauffeur répond : « autorisation médicale où boite médicale ? ». Le gendarme dit: « Papier de coronavirus. Un autre policier plus un haut gradé complète: « abrégé ». Abrégé veut dire quoi chef? « Awa léwé de barrage » marmonne-t-il.  Combien : « cinq mille faran seulement  » lance-t-il

Un passager dit qu’il a compté quinze barrages entre Mamou et Coyah. « Non, dix-sept » rectifie un autre à bout de souffle. Donc, la police, la gendarmerie et la douane (parce qu’en plus de tout ça, les camionneurs ont un autre loup qu’est la douane) doivent nous aider à comprendre trois points :

  • pourquoi autant de barrages ?
  • Quelle est juridiquement la fréquence des postes de contrôle (c’est-à-dire combien de km doivent séparer deux postes)?
  • Enfin, c’est quoi abréger ou lever de barrages ? Nous attendons les réponses à ces questions. Elles nous parviendront un 31 février, s’il plait à Dieu.

 

                                Un carnet déroutant de Alassane Kolènkè Diallo pour couleurguinee.com

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