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Camp Boiro : Victimes et parents se souviennent

L’association des victimes du Camp Boiro (AVCB) a tenu une conférence de presse ce vendredi 22 janvier 2021, à la Maison de la presse à Kipé. La conférence avait pour thème « Les purges qui décimèrent l’élite guinéenne de 1969 à 1980 et de l’illégalité du tribunal populaire révolutionnaire. »

Les membres de ladite association ont dénoncé les arrestations arbitraires et les actes de torture perpétrés contre l’élite guinéenne par le régime de feu président Sékou Touré.

Abdoulaye Conté, le secrétaire exécutif de l’association est revenu sur ce qu’il appelle « un plan machiavélique » qui avait été mis en place contre cette élite à l’époque.

« C’est un plan machiavélique qui était mis en place, tous ceux qui étaient arrêtés, étaient immédiatement conduits au Camp Boiro, ils étaient mis sous ce qu’on appelle la diète noire. Vous avez une semaine, deux semaines vous ne mangez pas, vous ne buvez pas, vous êtes enfermés, vous êtes isolés. Ça c’est le premier traitement. Le deuxième traitement, c’est les tortures dans les cabines. C’est indescriptible les tortures que ces personnalités, l’élite guinéenne a pu subir dans le Camp Boiro. Ces tortures permettaient d’extorquer à toutes ces personnalités tous ce qu’ils voulaient et on les obliger à lire des aveux. Tous ce qu’ils ne savaient pas, ils étaient obligés de dire. Le 22 novembre 1970 (l’agression de la Guinée) a permis au pouvoir en place de faire une vraie purge de l’intelligentsia guinéenne », a-t-il regretté.

Abdoulaye Conté s’est aussi s’insurgé contre le tribunal révolutionnaire populaire.

« En quoi ce tribunal est illégal ? Nous avons des tribunaux, nous avons des juges, nous avons des avocats. Si l’Etat guinéen pense qu’il y a des Guinéens qui ont commis des forfaitures, auxquels on pouvait reprocher un certain nombre d’actes, il fallait laisser le système judiciaire faire son travail. Mais on a mis complètement le système judiciaire de côté. Aucun des condamnés à mort n’a pu bénéficier de l’assistance d’un avocat, n’a pu s’expliquer. Après les tortures, les aveux qui ont été obtenus, ce sont ces éléments enregistrés qui ont été envoyés à l’Assemblée nationale, à l’époque qui avait été érigée en tribunal révolutionnaire populaire. C’est-à-dire, nous avons l’Assemblée nationale, les députés. Mais en fait, ils n’ont reçu que les rapports du Camp Boiro, les rapports obtenus suite à des tortures et sur la base de ces rapports, on a condamné tous les Guinéens qui ont été arrêtés », a-t-il regretté.

L’association demande à tous les ministres qui ont eu des parents victimes du Camp Boiro ainsi que le président Alpha Condé qui avait été condamné par contumace, d’ouvrir le dossier de la purge systématique perpétrée en Guinée de 1959 à 1983.

Par Mamadou Baïlo Diaguissa Sow pour couleurguinee

 

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