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jeudi, juillet 7, 2022

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18 octobre 1971 : la Guinée ne doit pas oublier

Ce lundi 18 octobre, l’Association des Victimes du Camp Boiro AVCB a commémoré le 50ème anniversaire des événements survenus en 1971 dans le camp du même nom.
A 10h, il y a eu un mini carnaval. Les carnavaliers ont rejoind l’espace qu’ils ont aménagé pour la commémoration. Des jeunes et des sages ont passé un bon bout de temps à lire le coran. Certains d’entre eux avaient des larmes aux yeux. Puis places aux témoignages. Le fils de Diariou Kassé appelée « Néné Kassé » a témoigné. Sa mère est une dame qui avait été arrêtée et détenue au Camp Boiro.
« je suis né dans les liens de captivité de ma mère qui est arrêtée en 1971 alors qu’elle est enceinte. Après m’avoir mis au monde à Donka, on nous a ramenés ici où je suis resté jusqu’à l’âge de 6 ans. Mais, je dois dire une chose, je me suis toujours considéré comme une victime collatérale parce que sûrement celle qui a plus souffert c’est ma mère. Ça a beaucoup joué sur notre vie. Ça, c’est un fait. On a subi beaucoup de dommages » a-t-il relaté, très ému.
ElHadj Amadou Barry a également fait part de ce qu’il a vécu au Camp Boiro
« J’ai été arrêté le 3 septembre 1977 et on m’a libéré le 13 mai 1979. On a enduré beaucoup de souffrance ici. Trois de mes frères sont décédés ici. La souffrance était énorme vraiment. On a fait même la diète noire. Nous prions pour que nos parents qui sont décédés ici reposent en paix. Tout le monde sait qu’on accusait les gens banalement à cette époque et on les arrêtait » a rappelé ce vieil homme.
L’ancien député de l’UFDG de Dinguiraye et membre de l’AVCB Fodé Bocar Marega s’est exprimé
« C’est une ignominie qui a été perpétrée sur le territoire guinéen en 1971. Vous savez, cette nuit là, c’est des hauts cadres, des ministres, des gouverneurs qui ont été exécutes et de manière atroce. Ces gens ont été réveillés et accompagnés dans les différents charniers. On leur a demandé de creuser leurs tombes et on les a exécutés. Après le 25 janvier, il y a eu des pendaisons à Conakry et à l’intérieur du pays » rappelle-t-il.
Le secrétaire général de l’AVCB a lu une déclaration dans laquelle les membres demandent aux nouvelles autorités la réhabilitation des victimes, la sécurisation des charniers où sont ensevelis leurs parents, la restitution par un acte officiel à l’AVCB de la partie carcérale du Camp Boiro que le Général Lansana Conté leur avait déjà restituée en 1993 et la restitution des biens saisis par le régime de Sékou Touré, et non encore restitués aux victimes.
La cérémonie a pris fin par un recueillement symbolique des membres sur une fosse commune et un son de trompette.
            Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinee.com

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