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jeudi, décembre 1, 2022

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Albassirou Diallo, journaliste chevronné qui manie la langue française à sa guise est inspiré par le mariage de Tamba et Ester. Lisez ci dessous ce qu’il en pense.

L’affaire Ester Millimounou devient clivante sur les réseaux sociaux, elle prend une tournure communautariste qui me gêne beaucoup.
Le problème n’est pas qu’une fille se marie avec un chrétien, un musulman, un animiste, un sectateur du vaudou, un bouddhiste, un shintoïste, un chamaniste, un raélien, un athée ou je ne sais quoi encore. Tous sont des hommes !
La fille peut aussi se convertir dans la religion de son choix. Nous n’avons pas plus de mérite à suivre celle de nos pères, nous autres. Quel humaniste a dit « on naît chrétien comme on naît périgourdin, on naît musulman comme on naît persan » ?
Les musulmans sont fiers quand un chrétien embrasse l’islam. Je connais des musulmans qui se sont convertis au christianisme parce qu’il a touché vraiment leur cœur. On n’en parle que pour flétrir l’anathème. L’apostasie n’est incompréhensible que pour un adepte de l’intolérance religieuse. Dieu reconnaîtra les siens. Ce n’est pas notre affaire.
Le problème, à mon humble avis, est humain. Tout simplement humain : pourquoi renier ses géniteurs ? On peut être ex femme ou ex mari, mais jamais ex fils ou ex fille.
Toutes les religions nous invitent à honorer notre père et notre mère. C’est un dogme ! Cest aussi une loi naturelle.
La douleur d’une mère reniée par son enfant est indicible.
Le second problème, c’est qu’en contractant un mariage, il faut envisager la possibilité d’un divorce quand l’amour sera mort.
Vers qui se tourner à ce moment bouleversant ?
Abélard et Héloïse, Tristan et Iseut, Roméo et Juliette, ou le célèbre film « L’Empire des sens » du Japonais Nagisa Oshima, ce sont des histoires d’amour romancées.
Le mariage au quotidien est la chose la plus prosaïque du monde. Raison pour laquelle, dans nos coutumes, on y apporte les amères colas et les cordes qui symbolisent la camisole de force.
L’oaristys est une flamme éphémère.

Je souhaite aux nouveaux mariés un heureux ménage. Qu’ils aient beaucoup d’enfants et qu’ils mettent un jour leurs dentiers dans le même verre. Que, toutefois, jamais regrets et remords ne s’installent sous leur toit. Que leur amour si retentissant ne soit pas feu de paille.
Mais je les en supplie, qu’ils se rabibochent avec la pauvre mère pour mettre fin à son désarroi et à sa peine. Méprisée, son cœur saigne, car sa fille est sortie de ses entrailles et des reins de son père. Et toute cette publicité malsaine ne sied pas à sa vie villageoise.
On n’est pas des bêtes quand même !

Par Albassirou Diallo

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