Fini les Plaidoiries et réquisitions ce mercredi, 19 mars 2025, dans le dossier de Ibrahima Kourouma, ancien ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabetisation.
A l’ouverture de l’audience, le juge Yacouba Conté a invité la Défense à poursuivre sa phase de plaidoirie.
Me Soufiane Kouyaté a ouvert le bal. Il a défendu mordicus que Ibrahima Kourouma n’est coupable de rien. Il a fait savoir tout au long de sa plaidoirie que les faits qualifiés de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux ne sont pas fondés.
Me Almamy Samory a pris la parole pour également plaider en se basant sur les règles du droit.
Il a dit qu’il ne vas pas faire un récapitulatif de tout ce qui a été dit par ses pairs. Il a annoncé qu’il va s’appuyer sur des précisions dans ce dossier tout en ayant un regard critique sur le rapport provisoire des inspecteurs. Selon lui, le ministère public n’a pas joué pleinement son rôle.
« Ce dossier a connu plusieurs ramifications, plusieurs tournures.Mon travail et mon intention ne sont pas de piétiner le travail du ministère public. Monsieur le président le ministère public qui a poursuivi Ibrahima Kourouma n’a pas respecté toutes les procédures pénales. (..) Et si M.Kourouma comparaît devant c’est parce qu’il a dit qu’il fait confiance à la justice » s’exprime Me Almamy Traoré
Selon lui, les textes de lois sont très clair en ce qui concerne les cas de détournement de deniers publics et d’enrichissement. Il dit que son client est innocent des faits qu’on lui a reprochés. Il indique que les représentants du ministère public ont fait savoir que les années de gestion de Ibrahima Kourouma s’étalent de 2011 à 2021. Cependant la partie s’accorde que c’est jusqu’en 2016.
« ça ne marche pas comme ça. Et pourquoi ça ne marche pas (..). En Guinée, c’est le guichet unique, donc l’argent ne sort pas comme ça.(..)Le ministère public n’a pas fait un bon travail. », a lâché Me Almamy Samory Traoré
Après la phase des plaidoiries des avocats de la Défense, le juge a invité le prévenu à la barre pour plaider sa défense.
En prenant la parole, le Dr Ibrahima Kourouma s’est dit satisfait et joyeux pour l’organisation de son procès.
«Si on s’était limité à mon arrestation et à des publications comme cela a été fait, pour dire qu’il y a eu un détournement, avec un montant aussi important, sans possibilité de s’expliquer, j’aurais été une personne condamnée d’avance.(..), nous avons tous compris que ce détournement dont on parle n’existe pas, car les inspecteurs eux-mêmes ont dit ici qu’ils ont établi un rapport provisoire, qu’il n’y a pas de détournement, mais des pièces justificatives à fournir(..).Je suis convaincu que si c’est le droit qui sera dit, je rentrerai chez moi », a plaidé Ibrahima Kourouma
Le juge Yacouba Conté a mis cette affaire en délibéré pour décision être rendue le 16 avril 2025.
Au sortir de l’audience, Me Soufiane Kouyaté, avocats de Ibrahima Kourouma est revenu sur les grandes lignes de leur défense.
« Nous savons tous qu’en droit, la forme prime sur le fond. C’est ça, un droit. Le moment où notre client est renvoyé devant cette Cour sur la base d’une ordonnance de renvoi qui est soutenue par un rapport rédigé par les inspecteurs, de l’Inspection Générale d’Etat, et que la loi portant l’organisation et le fonctionnement de l’Inspection Générale d’Etat qui régit ce travail a été violée par ces mêmes inspecteurs. Donc, on a pu démontrer que le rapport qui a été soumis à l’appréciation qui a été adressé à la Cour sur l’investigation des activités du département pour une certaine période, en réalité n’était pas valable.Parce que ça viole non seulement le principe contradictoire, et ça n’obéit pas aux différentes règles de la procédure en la matière. Ils savent pertinemment où se trouve mon client, mais ils n’ont jamais dénié de le rencontrer, de le confronter à la réalité des faits. Donc, ils se sont permis de rédiger un rapport entre eux seulement pour venir déposer ça à la Cour. Et c’est pourquoi, lorsque nous avons demandé à ceux qui comparaissent devant la Cour, on a posé un certain nombre de questions à la même Cour. Ils ont compris finalement, parce que les inspecteurs eux-mêmes ont avoué qu’il s’agit d’un rapport provisoire. Est-ce que la Cour peut juger un citoyen sur la base d’un rapport provisoire étant donné que la Cour des comptes est là pour faire un rapport définitif ? Ça peut se faire » s’est interrogé Me Soufiane Kouyaté
Et il ajoute que la chambre de l’instruction en charge du dossier a fait un amalgame et selon lui elle a complètement mélangé.
« Elle s’est même pas rendue compte que M. Ibrahima Kourouma et M.Mohamed V Sankhonn n’ont pas connu les mêmes périodes. Pour la Chambre, M. Ibrahima Kourouma lorsqu’il était ministre, c’est M.MohameV Sankhon qui était le DAF. Donc c’est pourquoi on leur a demandé de justifier les montants de 2011 à 2014 pour les examens, les rentrées scolaires, les constructions, les rénovations, l’infrastructure scolaire, étant donné que les deux n’ont même pas travaillé ensemble. Moi, je les ai opposés à la loi. L’arrêté qui parle de la responsabilité des régisseurs, l’arrêté qui parle également de la responsabilité des (..), c’est-à-dire du service qui est en charge de la construction, de rénovation et d’infrastructure. Donc, si leur responsabilité est engagée par les différents textes de loi, et que la loi dit que c’est eux qui sont responsables, c’est eux qui doivent justifier, pourquoi alors on vient demander ça à M. Ibrahima Kourouma si ce n’est pas pour un avis de droit. » a ajouté Me Soufiane Kouyaté
Il a précisé que son client n’a pas fait de détournement dont l’accuse. Il dit qu’il est convaincu de cela.
Me Pépé Antoine Lamah, le représentant de la partie civile. Il dit qu’il n’est pas surpris dans la plaidoirie des avocats du prévenu Ibrahima Kourouma. Il a dit que le juge fera le nécessaire pour faire réparation aux préjudices causées par l’Etat.
À l’audience précédente, le représentant du ministère public avait requis 5 ans de prison ferme contre le prévenu Ibrahima Kourouma.
Fodé Touré, pour couleurguinee