Le procès en appel de Aliou Bah, l’opposant guinéen s’est ouvert ce mercredi, 26 mars 2025 à la chambre correctionnelle de la Cour d’Appel de Conakry.
Au lever du Rideau, Me Antoine Pépé Lamah a révélé une incohérence de la procédure judiciaire. Selon lui, son client est poursuivi pour diffamation et offense au chef de l’Etat alors qu’il n’ya pas eu de plainte et ni la constitution de la partie civile. Donc il a signifié l’intérêt d’interjeter appel dans l’affaire.
le juge a demandé aux avocats de la défense d’exposer le motif qui leur ont permis d’interjeter appel.
Me Pépé Antoine Lamah, dans l’exposé des motifs d’appel a dit qu’il n’y a pas eu respect de la procédure légale. Ce qui porte selon lui atteinte aux droits de la Défense. Pour étayer ses arguments, il dit que son client Aliou Bah a été arrêté en dehors des règles légales et détenu dans des conditions inhumaines.
Il a évoqué l’absence d’un fond de jugement et des éléments sur lesquels il doit être jugé. Il a ajouté qu’il a été jugé sur la base des textes de lois qui ne sont plus en vigueur depuis 2020 juste avant le coup d’Etat du 05 septembre 2021.
Me Pépé Antoine Lamah précise que la première instance n’a pas respecté les règles du droit international. Ce qui constitue selon lui, une violation des règles.
Après l’intervention de Me Antoine Pépé Lamah, Me Almamy Samory Traoré et ses pairs lui ont emboité sur les arguments en faveur de la Défense de leur client qui selon eux est condamné de manière injuste. Ils ont par conséquent dit à la Cour d’annuler la décision de la première instance et de relaxer leur client.
Le juge de la chambre correctionnelle a demandé au représentant du ministère public d’intervenir. Ce dernier reconnaît que la partie civile n’est pas constituée dans cette affaire. Mais il a dit que le ministère public dispose du plein pouvoir de représenter la partie civile.
Puis le juge a invité le prévenu à la barre pour l’entendre. Le prévenu Aliou Bah, le président du parti Model a dit qu’il ne reconnaît pas les faits qui lui sont reprochés. Il fait savoir que les arguments avancés pour justifier son arrestation son infondés. Il dit qu’il est un acteur de la scène politique et un père de famille.
Après ces instants de discussion des parties concernées, le juge a décidé de renvoyer l’audience au 09 avril 2025 pour la suite des débats.
Au sortir de l’audience, Me Antoine Pépé Lamah s’est dit satisfait de la tenue de ce procès en appel tout en disant que le ministère public n’a pas pu se défendre.
« Vous avez dû le constater, le ministère public a été dans l’incapacité absolue de sortir les motifs de ses appels. Il a plutôt pris du temps à répondre aux pertinents et rigoureux motifs de l’appel de M. Mamadou Aliou Bah. Vous avez dû aussi constater que le ministère public, à travers ses questions, n’a pas été pertinent, puisqu’il a été dans l’incapacité absolue également de rapporter non seulement la preuve que les propos imputés à M. Mamadou Aliou Bah sont diffamatoires ou outrageants. Mais bien avant, vous avez dû aussi constater que la Cour a fini par relever que le chef de l’Etat n’est pas constitué dans cette affaire et ne s’est jamais constitué partie civile. C’est le ministère public à sa manipulation habituelle qui a tenté d’introduire le chef de l’Etat dans cette procédure sinon en insistance tout comme en appel le chef de l’Etat ne s’est jamais constitué en partie civile (..). C’est un leader politique qui a tenu un discours politique au siège d’un parti politique dans le cadre d’un débat public. Alors, si on doit retirer à M. Mamadou Aliou Bah, président du MoDeL, sa liberté d’expression, son droit de se prononcer sur l’actualité politique, sur l’actualité sociale, je pense qu’il vaut mieux supprimer ou interdire l’exercice des activités politiques dans ce pays », a dit Me Antoine Pépé Lamah
Par Fodé Touré pour couleurguinee