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Tribune: profil d’un chef de gouvernement (Par Mamadou Louda Baldé)

La Guinée traverse aujourd’hui une période de transition. La crise au sein de l’opposition s’affiche dans tous les rouages de l’Etat, la situation est grave, certains la comparent à la période précoloniale. Les caisses de l’Etat sont vides et le pays est endetté d’une façon vertigineuse. La croissance est faible du fait du manque de travail et des grèves qui ont accompagné le controversé troisième mandat. Le chômage sévit dans toutes les régions. La corruption se généralise à tous les niveaux. L’insécurité s’est installée dans le pays et des indélicats menacent la quiétude sociale à travers les réseaux sociaux.
Le peuple ou du moins ce qui en reste ne sait plus à quel saint se vouer. Depuis l’indépendance en 1958, on joue, on perd, on recommence. On change l’équipe, elle perd et on recommence une deuxième fois, une troisième fois et encore…
Notre faute n’est point dans notre étoile mais en nous-mêmes. La majorité des Guinéens s’accorde à dire que la situation déplorable n’est pas une pure fatalité, elle est sans aucun doute la conséquence des échecs successifs des équipes gouvernementales qui ont veillé à la destinée du pays durant les soixante trois années. C’était prévisible pour certains qui pensent que cet échec est dû au manque d’expérience de certains responsables et au mauvais choix du chef du gouvernement. D’autres estiment que l’inexistence d’un programme (plan d’action) clair ne facilite pas la tâche de l’équipe gouvernementale. Il est possible que les deux arguments se tiennent mais le choix du chef du gouvernement importe plus car, le programme scientifique est relativement facile à concevoir. Par contre le choix du leader ne repose pas uniquement sur la base de ses qualités intellectuelles et professionnelles (le technocrate) mais sur ses qualités morales en premier lieu.

Dans le passé, les rois préparaient leur succession en choisissant leur héritier et en le formant aux exigences de leur mission. Pour cela, ils choisissent un précepteur digne de ce nom. Le plus grand chef politico-militaire de tous les temps a eu pour précepteur le plus grand maitre de tous les temps. On dit « Derrière Alexandre le Grand, il y a Aristote ». Aristote est reconnu comme le premier maitre pour son enseignement de l’Ethique. Il a enseigné à Alexandre le Grand non pas le métier d’armes mais les valeurs morales. C’est grâce à cette éducation morale qu’il est devenu un grand chef, un incomparable leader. Sept valeurs morales éternelles soupèsent encore les aptitudes essentielles de tout prétendant au commandement.
La loyauté à la patrie est la première valeur qui caractérise un chef imbu d’une mission aussi prestigieuse que la direction du gouvernement. Une loyauté sans faille envers un seul drapeau. Une loyauté irréprochable pour défendre les intérêts de l’Etat avant les intérêts de la famille. La loyauté c’est réciter, croire et œuvrer pour que se réalise le vœu :
« la Guinée est unique et n’a pas d’égale ».

L’amour du métier, ou la vocation pour le métier du commandement, est un atout essentiel pour quelqu’un appelé à travailler sans relâche, sacrifiant le temps alloué à sa famille et à ses intérêts personnels. Cette valeur morale est le fondement du travail avec les hommes dans les conditions les plus difficiles et le remède à toute fatigue physique ou fléchissement moral.

Le Respect de la loi (la constitution) et de la nature humaine (collaborateurs) est la meilleure garantie de la bonne marche du travail.

L’Abnégation est une forme de sacrifice et de renoncement à ce qui n’est pas en rapport à ses attributions. C’est se dire « qu’est ce que je peux offrir à mon pays et non qu’est ce que mon pays peut m’offrir ».

L’Honneur, ou la dignité morale, est aujourd’hui une valeur presque disparue des relations de travail qui caractérisent une société totalement métamorphosée et n’obéissant qu’au pouvoir de l’argent et des intérêts matériels. Un responsable de gouvernement doit s’élever au dessus de tout sentiment marquant la bassesse de l’âme.
L’Intégrité ou l’honnêteté est une condition primordiale qui doit coller à tout prétendant pour un poste aussi important que celui de chef de gouvernement. Un responsable intègre est quelqu’un qui n’est pas corrompu et qui n’est pas corruptible.

Le Courage personnel est caractéristique d’une forte personnalité capable de prendre des décisions (mêmes douloureuses) dans les moments difficiles.
De nos jours, Il est possible d’évaluer ces qualités morales chez chaque individu. Le dossier historique ou passé de chaque candidat est facile à vérifier pour connaitre les comportements incorrects, les condamnations etc… Des valeurs comme le courage personnel, l’intégrité et le respect peuvent être identifiées au moyen d’entretiens psychologiques et de tests psychotechniques. Il est peut être difficile de dénicher l’oiseau rare qui répond à toutes ces valeurs, néanmoins il est possible de trouver des personnalités respectables. La loyauté, l’honneur, l’intégrité et le courage personnel pourraient suffire pour choisir le moins disant.

Kindia, 04 Octobre 2021

Mamadou Louda Baldé
Professeur d’Ecole Normale

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